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16.8.03

De l'utilité consécutive à la conscience de son inutilité

«Nous sommes joyeusement inutiles, comme la rose et son parfum qui rendent la vie plus belle». Comme cela fait du bien de lire cette si belle profession de foi de sœur Véronique, du Carmel du Pâquier (canton de Fribourg). C'est là que Patricia Briel, la spécialiste des questions religieuses du Temps a passé cinq jours pour son journal.

Une phrase qui devrait faire tiquer un protestant, puisque Luther a qualifié les moines de parasites. Et pourtant. Peut-on rêver meilleure illustration de la Grâce, telle que saisie par Paul, pour être redécouverte par Luther ? La foi en la Grâce, c'est le croyant qui renonce à se prendre pour Dieu, renonce à être une instance suprême de jugement de soi-même et des autres, et par là renonce à juger de sa propre utilité (et de celles des autres). Le voilà rendu libre, libre même et surtout d'être "utile". Etre utile n'est plus sa raison d'être, ni sa raison de désespérer, ni l'objet d'une quête d'autojustification. (Il y a quelques années, cette doctrine a connu une version sécularisée sous le nom de "lâcher prise".) L'effet produit par cette conscience libérée peut bien être comparé au parfum d'une rose.

Cette approche de la foi ne constitue aucun oreiller de paresse. Patricia Briel l'a bien compris, elle qui fait commencer ainsi son article: On ne naît pas sainte, on le devient. C'est le travail de toute une vie.

Quant au journal, il ne manque pas d'ironie, en annonçant que la semaine prochaine se passera dans les coulisses de la rédaction zurichoise du journal de boulevard "Blick".



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