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30.9.03

Ne pleurez pas sur la nouvelle victime du Monde

Or donc, le journal Le Monde a entrepris de virer Daniel Schneidermann qui, en ayant trop critiqué la Direction, a porté atteinte aux intérêts de l'entreprise de presse dans laquelle il travaillait - cf. l'article de Libération. Si je ne lisais pas sa chronique, je dois avouer qu'en revanche je ne peux m'empêcher de suivre son émission qui tombe juste au bon moment pendant le brunch du dimanche et qui constitue une alternative presque décente aux racolages de Karl Zéro. Il y a donc ambiguïté dans mon comportement.

Il reste cependant celui qui s'est fait homme de télévision prétendant être le premier à oser déconstruire la télévision, pour mieux succomber à ses vices. Le film de "Enfin pris" de Pierre Carles était des plus édifiants, donnant comme exemple la manière dont Schneidermann a utilisé son émission pour lyncher Pierre Bourdieu qui avait commis le sacrilège de tenter une analyse non complaisante du système, qui montrait comment Schneidermann en participe pleinement. Mais le film faisait tout aussi fort en faisant simplement parler les archives.

Avant qu'il soit à la télé, l'intrépide Schneidermann est un jeune homme impertinent qui malmène, bouscule et défie les figures du Pouvoir. Quand il a son émission, il devient seigneur et roi sur ses invités - sauf quand il s'agit de cirer des pompes, comme celles d'un Jean-Marie Messier. Il n'empêche : l'émission de dimanche dernier sur l'affaire Allègre / Baudis était plus que bienvenue. Il faut juste se résigner au nouveau code de politesse qui, mettant le rythme au-dessus de tout, accorde à un invité un temps de parole inversément proportionnel à l'intérêt de ses propos. Et que je te coupe et et que je t'interrompe. La muflerie de Schneidermann est encore ce qu'il a de pire.



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