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17.12.03

Le culte du sexe est-il soluble dans le pacs ?

« Il faut cesser de cacher la réalité derrière l'image d'Épinal de l'homosexuel pacsé, en désir d'enfant. Le culte de la sexualité et le multi-partenariat appartiennent à l'identité gay. »

C'est l'opinion de Christopher Park, collaborateur du Groupe Sida Genève, qui s'exprimait à titre personnel dans le Temps du 1er décembre 2003, dont j'ai pris tardivement connaissance. Certes, cette affirmation a toute sa pertinence dans le cadre de la réflexion sur la prévention et les comportements à risque. On ne peut pas faire de prévention en se cachant une partie de la réalité gay, en lui donnant des traits angéliques (notamment par peur de raviver une discrimination qu'on a avait commencé à battre en brèche).

Il n'empêche que le partenariat enregistré voté par la chambre basse du Parlement helvétique est une formidable avancée politique et sociale qui concerne aussi les gays adeptes du culte de la sexualité. En donnant la possibilité d'une institutionnalisation des couples de même sexe, cette nouvelle loi réaffirme concrètement la dignité fondamentale de chaque personne homosexuelle, quel que soit son mode de vie à un moment donné. C'est un signal dont la portée va bien au-delà des gentils et braves couples stables (dont on sait que tous ne sont pas monogames, à l'instar des couples hétéros). C'est ce que devraient aussi comprendre les gays hostiles à l'image d'Épinal, bourgeoise, rangée et tout ce que vous voudrez, que représente le partenariat.

Un référendum a déjà été annoncé par le parti religieux fondamentaliste (protestant), qui malheureusement se nomme en français UDF/Union démocratique fédérale. Cela veut dire que le peuple devra voter si on réussit à récolter 50'000 signatures contre le partenariat après le vote final de la loi, ce qui ne devrait pas être difficile. Pour gagner ce scrutin, il faudra jouer sur le sentiment, il faudra jouer avec des images d'Épinal. C'est cette stratégie qui a permis de gagner à Zurich le référendum (lancé par les mêmes milieux) à propos d'un pacs cantonal. Le culte de la sexualité et le multi-partenariat appartiennent largement à l'identité gay (masculine) - et on n'a pas fini de débattre sur les tenants et aboutissants psycho-sociologiques de cette réalité. Les commissions politiques des associations gaies et lesbiennes ainsi que la coordination nationale mise sur pied pour gagner le partenariat sont donc confrontées au défi suivant : faire passer le message idyllique tout en évitant de s'aliéner leur base et de se décrédibiliser à l'interne en jouant les (auto)censeurs et les castrateurs. Elles devraient être à la hauteur car elles en ont vu d'autres.



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