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28.4.04

Pour comprendre ce qui se passe en Irak

Une nouvelle analye de Ludovic Monnerat, que je signale avec retard (elle date du 11 avril) -- mais l'un des intérêts de ses articles est justement qu'ils supportent fort bien l'épreuve du temps, contrairement à nombre d'écrits journalistiques.

Je n'en dis pas plus: lisez-le...

Carte de crédit: tout est bien qui finit bien

Ce n'est pas pour vous inciter à l'imprudence... mais je dois dire que, l'Internet aidant, l'utilisation abusive de ma carte de crédit se révèle particulièrement indolore!

Je m'en suis tout d'abord rendu compte par la consultation en ligne de mon compte, avant même de recevoir mon décompte mensuel. Sur le même site, j'ai pu télécharger un "formulaire de réclamation" au format PDF, à compléter à l'écran et à imprimer pour y apposer ma signature manuscrite (encore) et l'envoyer par courrier postal. Emis quelques jours plus tard, mon décompte mensuel mentionne d'ores et déjà le remboursement intégral de la transaction contestée, qui n'a en définitive jamais été débitée de mon compte.

J'ignore en revanche si quelqu'un se donne la peine de remonter à l'adresse de livraison du parfum pour connaître l'auteur véritable de cet achat en ligne aux Etats-Unis payé avec ma carte...

27.4.04

Immeubles en fête

De passage à Genève, je suis tombé sur une affichette dans une vitrine: le 25 mai prochain, "j'invite mes voisins et voisines à prendre un verre". Et une amie me montre un papillon identique ramené de la crèche.

D'un côté je suis ravi: j'avais publié dans Domaine Public un article pour promouvoir cette initiative originale pour le dernier mardi de mai, dont j'avais pris moi-même connaissance par un article du Monde au lendemain de l'édition 2002. La répétition générale avait eu lieu en 1999 lorsque qu'une bande d'ami-e-s du 17e arrondissement de Paris ont distribué un papillon dans les boîtes aux lettres de leur quartier, en 2000 elle a commencé d'essaimer dans toute la France avec l'appui de l'association des maires et, depuis 2003, elle s'est internationalisée.

Il me reste un brin de déception: l'incapacité de la société civile à se prendre en charge. J'avais espéré par mon article susciter des volontaires, j'avais même donné quelques coups de téléphone et suggéré à un ami y travaillant que le quotidien local pourrait avantageusement se profiler là-dessus... sans succès (j'étais moi-même hors-jeu, n'étant plus vraiment à Genève sans être suffisamment à Londres pour lancer l'opération en anglais). Aujourd'hui c'est l'administration municipale qui se charge de tout après avoir enrégimenté des sponsors... dont le quotidien local. C'est bien sûr un triomphe des nouvelles formes d'action publique: une bonne idée est reprise par l'Etat initiateur, catalyseur, le battement d'aile du papillon contribue à une politique bien comprise d'intégration sociale et culturelle. Mais c'est aussi d'une certaine façon le constat d'un vide, ou d'une asphyxie par activisme étatique. Et si je peux citer ce que j'écrivais en juin 2002:

"Entre les jours fériés religieux ou historiques, les rituels de mouvements sociaux (8 mars, 1er mai, Gay Pride...), les opérations de marketing commerciales, étatiques ou para-publiques (Journée sans tabac, Journée des réfugiés...), Immeubles en fête est peut-être l'unique manifestation du genre émanant strictement de la société civile, et intégralement biodégradable dans l'action locale individuelle."

21.4.04

Trois notes italiennes

-- Il y en a moins, mais il en reste... L'an dernier à pareille époque, la floraison des drapeaux défaitistes (cet arc-en-ciel que le pape a habilement détourné de sorte que je n'oserais plus sortir ma bannière gay de peur d'être pris pour une autre) nous avait causé un choc, alors que nous marchions déjà en Italie. "C'est Nüremberg", ironisions-nous jaune; à Londres il n'y en avait quasiment pas.

-- Localisme: je ne suis pas sûr que le monde anglo-saxon (ou même francophone) ait donné sa juste part au volet italien de la crise des otages en Irak. De ce que j'ai pu comprendre, quatre agents de sécurité privés ont été enlevés. Le premier a été exécuté d'une balle dans la nuque en s'écriant "Vous allez voir comment meurt un Italien" et en tentant de soulever le capuchon qui l'empêchait de voir ses bourreaux; à Al Jazeera, Al-Jazerra et demie! Selon un sondage, moins de 20% des Italiens approuvent l'idée de lui décerner une médaille à titre posthume, plus de 80% estimant qu'il ne faisait que son travail, ce "mercenaire"... Même l'héroïsme n'est plus le monopole du secteur public.

-- Notre troisième séjour à Urbino, la ville magique de Federico de Montefeltro (1422-1482). A la fois grand chef de guerre et archétype de civilisation et de culture, au merveilleux Studiolo. Ca ne nous éloigne pas tant que cela de ce qui se passe en Irak...

16.4.04

Vacances...

Je comptais l'annoncer depuis un sentier perdu grâce a mon Tréo et à Vagablog (voir ici), mais j'ai été lâché par la batterie... Finalement trouvé une médiathèque municipale avec accès Internet. Nous avons quitté Londres lundi sous un soleil radieux pour aller marcher une semaine en Italie -- dans le brouillard voire la pluie! Mais ça fait du bien de décrocher quand même.

11.4.04

Irak: Ritaline, svp

S'il ne s'agissait pas d'événements tragiques, on aimerait ironiser sur la perte de tout sens des proportions des commentateurs qui voient de "lourdes pertes", une guerre généralisée et un nouveau Vietnam avec ce qui se passe en Irak. L'ère du zapping et du syndrome d'hyperactivité (qu'on appelle en anglais, de manière plus explicite je trouve, attention deficit disorder) fait des ravages dans les esprits.

Pour garder la tête froide:
- un article de Tony Blair dans The Observer d'aujourd'hui (le Guardian du dimanche)
- la chronique d'Andrew Sullivan dans le Sunday Times d'aujourd'hui
- et peut-être surtout les blogueurs irakiens: Jeff Jarvis en donne régulièrement une synthèse.

9.4.04

Vie moderne: la carte de crédit

C'est l'un de ces trucs dont on sait que ça existe, mais de manière abstraite: ma carte de crédit a été utilisée abusivement. Je m'en suis rendu compte fortuitement, en consultant sans vraie raison l'état de mon compte en ligne ainsi que je puis le faire depuis peu: et je découvre dans la liste de "mes" transactions récentes un montant de 137.70 USD (182.90 CHF) effectué le dimanche 4 avril auprès d'un commerce américain de parfum en ligne! Je téléphone à mon opérateur de carte de crédit, que cela n'émotionne pas outre mesure dans la soirée du Vendredi-Saint: ma carte est désormais bloquée, ils m'en envoient une nouvelle, et je n'ai qu'à téléphoner mardi au service de sécurité pour la suite des opérations.

Sachant qu'il suffit de contester à réception du décompte une transaction que l'on n'a pas effectuée soi-même pour qu'elle ne vous soit pas débitée (respectivement qu'elle vous soit remboursée, puisque dans mon cas la facture mensuelle de ma carte de crédit est automatiquement payée par mon compte bancaire), je n'ai personnellement jamais eu de ces réticences à utiliser ma carte de crédit en ligne. Le risque ne me paraît toujours pas plus grand que lorsque je signe un relevé au restaurant ou donne mon numéro par téléphone en réservant un hôtel ou un spectacle: n'importe quel intermédiaire est évidemment susceptible de relever le nom et le numéro et de l'utiliser pour se faire livrer une prestation payée par ma carte. Je doute d'ailleurs que soit l'opérateur de carte de crédit soit le marchand de parfum estime qu'il vaille la peine de faire les démarches nécessaires pour identifier qui est le véritable auteur de cette transaction...

Si jamais, je vous tiendrai au courant! A moins que des lectrices ou lecteurs aient des expériences en la matière?

David Aaronovitch en direct de Badgad

David Aaronovitch du Guardian est allé à Badgad vérifier le bien-fondé de ce qu'il avait écrit il y a une année sur l'intervention en Irak .

Le reportage qu'il a rédigé sur place est à lire, absolument, qu'il s'agisse de ce qui est vu, des gens rencontrés ou du (bref) rappel la position initiale pro-guerre... qui est maintenue.

8.4.04

Religions de paix et d'amour

A l'intention de ceux qui pensent que l'Islam authentique est une religion de paix et d'amour, Free Goat a rassemblé un florilège de citations du Coran.

On oublie cependant qu'on en aurait autant au service du judaïsme et du christianisme. Bien des passages de l'Ancien Testament évoquent la conquête de la Terre promise comme une guerre sainte. Quant à Jésus, son message est empreint d'une radicalité certaine. Il dit qu'il n'est pas venu apporter la paix mais le glaive, qu'il est venu allumer un feu sur la terre. Et choisir de le suivre implique de rompre, le cas échéant, avec sa famille. Finalement, les passages bibliques qui parlent de l'amour de Dieu ou des humains sont moins fréquents qu'on ne se plaît à le croire.

Pourtant, il y a un abîme entre la Bible et le Coran. Le Coran se présente comme une dictée faite par l'ange Gabriel à un seul prophète. Tandis que la Bible est une bibliothèque, une anthologie de textes écrits par une pluralité de rédacteurs sur près de sept siècles. Conscients de cette diachronicité, les textes bibliques comportent eux-mêmes un aspect de réinterprétation continue. La Bible contient donc en elle-même son principe de réfutation, ce qui en fait un espace de signification ouvert - une ouverture qui, certes, ne peut pas exclure une appropriation fondamentaliste. De même qu'une certaine conception de la démocratie est d'autoriser les ennemis de la démocratie à s'exprimer. Fondamentalement, quand on y pense, la censure devrait être étrangère à ceux qui se réclament des valeurs judéochrétiennes.

Irak: les douleurs de la transition

Saviez-vous qu'une désignation démocratique de Conseils municipaux est intervenue dans des villes chiites d'Irak? Et que les partis religieux y ont été mis en minorité? Moi non plus, mais cela a fait l'objet d'un reportage détaillé dans le Guardian (lu via Norman Geras). Peut-être un élément d'explication à considérer face aux troubles actuels perpétrés par des milices privées religieuses...

Et si la situation actuelle vous amène à douter, lisez Oliver Kamm. Ou encore les surprenantes confessions de deux féroces critiques de l'intervention: Hans Blix mercredi sur RTL (rapporté par Vincent Bénard) et même Andrew Gilligan, ex-journaliste vedette de la BBC (rapporté par un orwellien blog Eursoc).

7.4.04

21 avril de la droite, 5 mai de la gauche

Encore un mot sur les élections régionales françaises. Si l'échec de la droite a très largement été assimilé au "tremblement de terre" du premier tour de la présidentielle, il y a deux ans, c'est plutôt l'analogie avec le deuxième tour qui me frappe: l'espoir naïf et forcément promis à la déception de l'unanimisme. Le mécanisme niveleur et amplificateur du mode de scrutin retenu de manière à ce qu'une majorité claire se dessine, aux forceps, dans chaque région voit un parti littéralement hégémonique, le PS, avec 21 président de régions métropolitaines, comme Chirac ne pouvait que l'emporter face à Le Pen.

Routine de la démocratie directe (3): l'analyse à froid

Après les questions posées au peuple, puis l'annonce des réponses qu'il apporte souverainement, vient le temps du décryptage des oracles de la Pythie: non pas ce que chacun en a immédiatement dit en tentant d'interpréter le résultat du scrutin de la manière la plus favorable à sa paroisse, mais ce qu'une analyse scientifique sur un échantillon scientifique des votants révèle. Le rapport sur trois des objets fédéraux soumis au vote le 8 février dernier vient de sortir: en voici la synthèse.

Rien de très spectaculaire, à vrai dire, mais des éléments intéressants sur le vote par rapport au degré de connaissance des questions, à la confiance ou à la méfiance envers le gouvernement, au positionnement droite - gauche ou au niveau de formation. De quoi confirmer le titre de cette petite série: sérieusement intégrée au fonctionnement des institutions, la démocratie directe n'a pas le caractère féérique, ou au contraire diabolique, qu'on lui prête parfois dans les régimes représentatifs.

En Suisse, c'est le véritable pivot de la vie politique, plus important que les élections. Actuellement la bataille fait rage pour les votations du 16 mai prochain!

6.4.04

Pierre Maudet va mettre la main à la pâte

Un swissroll a le plaisir d'annoncer l'arrivée sur ce blog du conseiller municipal de la Ville de Genève et vice-président du parti radical (droite du centre) du canton -- à titre strictement personnel évidemment. Pas encore de femmes (ça viendra j'espère), mais au moins c'est un hétéro... Le clivage gauche / droite existe mais les valeurs qui nous rapprochent tous les trois le dépassent; on peut diverger sur beaucoup de choses, mais sur l'intervention en Irak, le partenariat pour les couples de même sexe, l'ambition européenne ou l'intransigeance à l'égard de l'antisémitisme nous sommes d'accord. Et vous? Les commentaires sont là pour vous permettre à vous aussi, lectrices et lecteurs, de vous exprimer!

COMPLEMENT DU 11 AVRIL: Bon, avouons le, je n'ai pas très bien choisi mon moment pour annoncer la collaboration de Pierre Maudet à ce blog: il est en ce moment en cours de répétition (pour les lectrices et lecteurs étrangers: il effectue une période de service militaire dans le cadre de son entraînement comme officier -- je crois -- de milice dans l'armée suisse). Mais vous ne perdez rien pour attendre!

5.4.04

Confirmation

Juste pour me convaincre que Vagablog répond finalement mieux à mon attente... [Le seul défaut c'est le titre, à déplacer ultérieurement; et c'est certainement quelque chose qui sera résolu dans les mises à jour].

Autre essai

HBlogger a l'air plus sophistiqué (trop pour mon goût, je ne suis pas de ces gens pour qui un agenda électronique, même téléphone et caméra comme le Tréo 600, doit véritablement remplaçer un ordinateur et faire le pain). Il distingue le titre du billet [mais il disparaît à l'envoi! Je l'ai rajouté ci-dessus depuis l'ordinateur] mais annonce qu'il n'écrit que l'anglais [ce qui paraît suffisant pour les lettres accentuées, ouf!] et le russe... Et il n'a même pas l'air de proposer un éditeur pour l'html (lien, gras)... J'envoie quand même.

[Posted with hblogger 1.0 http://www.hexlet.com/] Comme je ne pense pas acheter le programme, je ne saurai jamais si cette pub n'est émise qu'avec la version démo...

Blogueur ambulant

La première ligne vient-elle automatiquement en titre? Non [mais je peux la mettre en gras, provisoirement, et la déplacer dans le champ "titre" ultérieurement, comme je viens de le faire depuis mon ordinateur].

Je teste Vagablog, un logiciel permettant de bloguer depuis mon Tréo 600. Jeff Jarvis l'utilise et il accepte les lettres accentuées... Voyons cela!

Pas mal du tout... Je vais quand même encore tester un autre programme que mentionne une lectrice de Jeff Jarvis, même s'il a l'air trop sophistiqué pour l'usage que j'en ai.

4.4.04

Peter Ustinov

Ce blog ayant un rôle de contre-information britannico-suisse, je me sens le devoir de signaler un aspect moins connu (personnellement j'en ignorais tout) du Suisse d'adoption Peter Ustinov: sa complaisance à l'égard du communisme soviétique ou chinois, son antiaméricanisme (allant jusqu'à repprocher à Gorbatchev l'émergence des Etats-Unis comme seule superpuissance!), dénoncées par Stephen Pollard (via Jeff Jarvis).

Cheikh Yassine

A signaler une tribune de Pascal Bruckner, Iannis Iannanakis et Michèle Tribalat dans Le Monde du week-end:

Le cheikh Yassine, faux martyr, vrai coupable

Nos précédents billets sur ce sujet ici et (avec un début de dialogue dans les commentaires, qui sont là pour ça...).

Rohmer et Monnerat : même combat ?

Le dernier film d'Eric Rohmer Triple Agent est un bijou à tous points de vue. J'ignore les intentions extracinématographiques de son auteur - n'ayant pas encore lu d'interviews - mais on pourrait croire qu'il a aussi voulu épingler au passage certain pacifisme contemporain. Le public, sous le charme des acteurs et de la reconstitution, y sera-t-il sensible ? Un des documents d'époque insérés dans le film est édifiant : le discours de Blum en 1936 qui se fait le chantre des aspirations populaires à la paix avec le voisin nazi.

Pour le Major Ludovic Monnerat, de CheckPoint, une telle attitude est inhérente à la démocratie. Extraits d'un article dont on voudrait tellement que le grand public y soit confronté:

"Qu’aurait donc fait un Churchill accédant au poste de Premier ministre au début des années 30 ? Probablement guère mieux que ses prédécesseurs. Les foules ont beau constituer la clef de la démocratie, elles n’en sont pas moins sujettes aux errements les plus désastreux, et ceux qui ont acclamé Munich à tout rompre ont dû voir Bergen-Belsen pour comprendre leur tragique erreur. Le public européen ne veut pas davantage la guerre aujourd’hui que 70 ans plus tôt. Les dirigeants sont donc contraints de louvoyer, un œil sur les sondages d’opinion et l’autre sur les analyses stratégiques, ménageant la chèvre et le chou, condamnant la coercition armée et la pratiquant en coulisse, pour ne pas commettre leur suicide politique."

Toutefois:"On ne pourra plus longtemps faire croire au public, comme en Espagne, que leurs attaques sont uniquement les conséquences des décisions de nos gouvernements, et non les actions d’un ennemi irréductible. Il y aura donc d’autres attaques (...) jusqu’à ce qu’elles fassent basculer les opinions publiques et que celles-ci se mettent à exiger la guerre jusqu’ici niée."

Or:"Cette réaction populaire, tardive mais décisive, est typique des démocraties. La population voudra qu’on lui rende des comptes, et la crédibilité de classe politique et des fournisseurs médiatiques sera ruinée lorsqu’elle se rendra compte des mensonges et des distorsions qui ont été commis pour la satisfaire au lieu de l’informer."

Le risque étant, pour le Major Monnerat, une tentation totalitaire, dont le remède est de "rester fidèles à nos valeurs et (...) se rappeler que nous restons, in fine, nos pires ennemis – dans l'inertie comme dans l'excès."

A noter, sur le même site, la traduction d'un article éclairant d'Amir Taheri: "Pourquoi Ariel Sharon a finalement décidé d’éliminer le chef du groupe Hamas".

Hani Ramadan réhabilité

Or donc, Hani Ramadan, le terrible frère de Tariq, enseignant du secondaire inférieur, a donc été réhabilité par le Tribunal administratif du canton de Genève. Plus précisément "c’est la Commission de recours du personnel enseignant de l’Instruction publique qui a tranché, instance rattachée au Tribunal administratif et composée notamment de trois magistrats de cette dernière juridiction."

Ma première réaction est la plus grande contrariété. J'avais en effet apprécié en son temps les raisons invoquées par le Gouvernement cantonal pour suspendre l'enseignant. L'apologie de la lapidation des femmes adultères dans Le Monde était assimilable à un appel au meurtre. Quant à l'interprétation du sida comme châtiment des homosexuels, elle était déclarée en contradiction avec les buts fondamentaux de l'éducation genevoise, à savoir l'éducation aux respects des minorités. Comment, en tant que gai, ne pas être rassuré et aussi fier de vivre dans une République qui a un tel souci de la minorité à laquelle j'appartiens.

Et pourtant. A lire les explications et les commentaires de la Tribune de Genève, je suis troublé. Il semblerait que, une fois de plus, le Conseil d'Etat ait agi dans l'émotion et avec précipitation. (Cf. les événements du G8.) Le Tribunal a en effet estimé qu'on ne pouvait infliger la sanction la plus grave du premier coup. C'est donc qu'il aurait fallu s'occuper du personnage un peu plus tôt, et cela faisait longtemps qu'on savait à quoi s'en tenir à son sujet...

Ce qui est d'une ironie piquante, c'est que Hani Ramadan a été défendu par les associations d'enseignants et le syndicat des services publics, dont les principaux représentants sont de la gauche populiste et bouffeurs de curés en leur temps. "... notre association a voulu défendre Hani Ramadan sur la forme, pas sur le fond évidemment" précise Philippe Chervet, pour la Fédération des associations des maîtres du Cycle d’orientation. Une de leur motivation est éclairante. Il s'agit de défendre un autre fonctionnaire terrible : Olivier de Marcellus, psychologue au service du Département de l'Instruction Publique, qui fait l'objet d'une plainte pour avoir appelé publiquement à la désobéissance civile lors des manifestation anti-G8. Nous sommes entre gens respectueux de la démocratie.

3.4.04

Troisième voie socialiste espagnole

Intéressant article du futur ministre socialiste des affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, dans Le Monde (en anglais dans le Wall Street Journal). Réaffirmation de l'opposition à l'intervention en Irak, mais sans sarcasme à l'égard de ses partisans (et utile rappel que les socialistes espagnols n'ont pas d'état d'âme vis-à-vis de la coopération transatlantique). Ligne sans complaisance à l'égard du terrorisme. Disponibilité internationaliste. Refus de tout directoire européen.

Bref, une voie bien différente de celle que traçait un de Villepin soucieux de marquer en toute circonstance une exception française.

2.4.04

Sullivan, toujours...

Il ne conduit pas, le vélo [Email of the day 1] lui suffit.


Homosexualité: comment l'opinion évolue

Le billet précédent me donne au moins l'occasion de découvrir, toujours dans le New York Times d'aujourd'hui, un éditorial qui, lui, me fait ronronner, car il reprend l'un de mes thèmes favoris. Citant des sondages donnant des résultats remarquables sur l'acceptation toujours plus massive par la population américaine de la réalité des gays et des lesbiennes (80% en faveur de l'acceptation dans l'armée, contre 51% en 1977, 61% dans l'enseignement primaire contre 27% alors), il l'explique ainsi:

Our own guess is that as more and more gays have acknowledged their sexual orientation, straight Americans have come to see that gays are not deviants to be feared, but valued friends, neighbors and colleagues who are not much different from anyone else.

Le coming out (le fait pour un gay ou une lesbienne de ne pas laisser se créer un malentendu autour de la présomption qu'induit la disparité statistique sur le fait qu'il ou qu'elle serait hétéro) n'est pas seulement important pour l'équilibre personnel de l'intéressé-e, son estime de soi, mais aussi pour dissiper chez les autres les craintes et fantasmes que l'inconnu et le clandestin engendrent. Et je réponds par avance à l'objection tarte à la crème: l'orientation sexuelle ne relève pas plus de la vie privée que le sexe ou la couleur de la peau, on ne peut pas la cacher comme le prouvent tous les hétéros (et il serait contraire à la dignité humaine de le suggérer).

Un lien en appelle un autre: l'édito du NYT évoquant des études d'un think tank conservateur, l'American Enterprise Institute for Public Policy Research, je vais voir leur site... Et je tombe sur un nouveau bouquin qui a l'air d'être une réactualisation ciblée du Virtually Normal d' Andrew Sullivan:

Gay Marriage: Why it is Good for Gays, Good for Straights and Good for America

Falloujah: émotion unilatérale et biaisée

J'ai un ami de gauche qu'au nom de causes communes passées qui ne cédaient pas au conformisme j'avais naïvement imaginé, en 2002-2003, partisan d'une intervention internationale pour libérer l'Irak du régime de Saddam Hussein (et seul le refus de la France et de l'Allemagne a empêché qu'elle soit conduite sous mandat onusien, dans une coalition plus large). Eh bien je m'étais trompé... Ca m'est aussi arrivé avec d'autres, mais lui me bombarde depuis de liens destinés à faire tomber les écailles qui recouvrent mes yeux! Son choix n'est cependant guère heureux, bien au contraire il tend à m'indigner par la bassesse et le cynisme des arguments utilisés (les textes qui renforcent avec brio une conviction partagée entre l'auteur et le lecteur sont une chose, mais n'ont rien à voir avec ceux, beaucoup plus rares et difficiles, qui parviennent à instiller le doute, ébranler une conviction, changer une opinion).

Ainsi aujourd'hui je reçois cet article du New York Times, sur l'air de "je vous l'avais bien dit" après la sauvage scène de mise en pièces de cadavres américains en Irak.

Le message est bien connu, mais on le trouve d'habitude auprès de la droite isolationniste la plus crasse: rien (surtout pas des Irakiens) ne vaut la mort d'un Américain; l'auteur va jusqu'à s'indigner que le commandant des troupes basées sur place ait décidé de ne pas intervenir, une fois les quatre victimes tuées, pour faire cesser les mutilations des cadavres.

Mais que n'aurait-il pas dit si l'armée US avait lancé un bombardement vengeur!

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